Admonestations Afro-féminines

Femmes Africaines, vous aurez des peines de coeur, c’est le cours de la vie. Mais PLEASE: Arrêtez de dépendre autant, et en tout point de vue de vos conjoints! Oui, ayez des chagrins amoureux, troubles conjugaux, comme l’on peut tous s’y attendre. Mais que cela ne vous transforme pas irréversiblement en orpheline, miséreuse, ou toute autre sorte de laissée-pour-compte à la moindre amplification.

De grâce, nos Afro-théories du genre demeurent encore assez difficiles et complexes pour que vous y rajoutiez tant d’austérité économique pour vous-mêmes. Je ne sais quels éléments de nos cultures permettent la passivité que je vois en quelques unes de vous depuis un certain temps, mais franchement, certaines situations me choquent, parce que tragiques.

Vous n’en demeurrez pas moins les êtres les plus résilients et hardis que la Terre ait connus – pour ma part. Mais, chères soeurs et mères, le monde change. Les moeurs avec. Les dynamiques socio-économiques également.

Ce captalisme vous trouvera à vos portes, et pénétrera vos foyers.

En effet, il le fait déjà, insidieusement.

Et vous ne m’avez malheureusement pas l’air assez apprêtées. Les victimes noitoires à compter , et par défaut, seront : vous, vos filles et soeurs.

Les urbaines d’entre vous conviendront avec moi que sous le soleil des tropiques, il vaut quand même mieux pleurer en Toyota climatisée qu’en moto-taxi. Faites donc en sorte de.

Own Yourselves Ladies.

 

 

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Bringing Back Bamenda

Voici la carthographie des différents Camerouns, depuis le début du siècle dernier. Nous comprendrons qu’Anglais et Français se sont bagarrés et ne se sont jamais entendus sur la question. La SDN – ONU de l’époque – a dû trancher dès la première guerre mondiale, après la défaite des Allemands, qui pour sa part perd une de ses plus signifiantes colonies. Décision en faveur des Français – qui, précisons le, ne fait pas du Cameroun une colonie Française, mais un territoire sous tutelle de celle-ci. (Par ailleurs, la guerre Bamileke-Bassa-Maquisards vs Colons n’est pas le sujet ici, mais pourrait partiellement expliquer cette mise sous tutelle). N’empêche que le problème subsite quand même jusqu’une bonne douzaine d’années après la pseudo-indépendance du Cameroun, donc de nombreuses décennies plus tard.
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Les colons nationalité confondues sont allés jusque demander aux “indigènes/autochtones” de voter. Résultats : 60-40, puis 70-30. Ce qui revient quand même à 90% de Sud&Nord-Ouetistes qui n’étaient pas favorables à une Unification, mais éventuellement au Fédéralisme. Et à ce jour, les anglophones ne sentent visiblement pas intégrés à part entière au corps républicain Camerounais. C’est un fait.
Problems don’t arise overnight. Eduquons-nous sur notre histoire récente.
Documentons-nous, pour minimiser la suprise, le choc. Et aussi nous éviter les “divers du bar”,comme on dit au Cameroun. Certains bavassent comme ci ce passage historique n’a pas eu lieu ‘tout à  l’heure’ en 1972. (Reflechissons par exemple sur: le fait que “Bamenda” soit une insulte à la personne à l’échelle Camerounaise, la dissimilarité marquée entre vos raisonnements franco-latins vs leur mentalité anglo-saxonne, les deux systèmes scolaires dans le même pays, …). Et certains – encore – viennent faire les étonnés.”Very funny”.
C’est en connaissant son passé qu’on peut influer -positivement ou négativement – sur son avenir. “Si vous ne pouvez pas arranger, faut pas deranger”. Informons-nous un minimum correctement.
Anyways, #BringBackOurInternet

Bible & Fusil

Texte écrit un soir de Septembre 2016. Cf l’utilisation de ‘hier‘ et ‘aujourd’hui’.

Bon. J’ai terminé “Things fall apart” de Chinua Achebe hier, livre vieux de près de 60 ans. J’enchaîne sur “Crépuscule du tourment” de Leonora Miano aujourd’hui, vieux de 40 jours environ.

Les deux livres, comme de nombreuses autres oeuvres que j’ai lues et qui l’évoquent également, traitent en partie de l’invasion des réligions judéo-chrétiennes en Afrique.
Léonora Miano pour le moment, se demande comment de nombreuses personnes, si viscéralement attachées à leurs propres culture et réligion, ont pu se faire autant berner et envahir par les déités des autres. Achebe a un petit élément de réponse, paraphrasés ici:
Les missionnaires Européens sont arrivés avec une fourbe multiforme. Le clergé a d’abord essayé d’être verbalement frontal. Cela n’a pas fonctionné. On ne joue pas à ce jeu là avec l’Africain, fervent utilisateur de l’arbre à palabres en guise de tribunal. Qui d’âges en âges, a fait reposer une bonne partie de ses sciences et connaissances, codes culturels, sociétaux et autres sagesses, bref, la transmission de son histoire et son héritage à sa descendance, considérablement par le bouche à oreille. Peuple qui a marqué des signes çà et là sur roches et papyrus, par pure praticité. (So, you can’t try that bullshit with Africans, who are the most openly dramatic/vivid people on earth.) Les Européens ont donc dû repenser la stratégie, en alliant les méthodes.

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Photo credit: Mes excuses, je ne sais pas encore comment vérifier les sources sur internet…J’y travaille! 🙂

Dans leur nature accueillante, les Africains se virent graduellement partager leur espace avec ces gens pâles et aux pratiques curieuse. Tant qu’ils n’étaient pas dérangés, les autochtones n’éprouvaient aucune gêne à discuter ou palabrer avec ces ‘visages’, au moyen de traducteurs – des frères étant déjà sous la coupe des curieux affabulateurs. Ils partageaient donc facilement une bonne partie de la forêt pour que ces étranges prieurs édifient des bâtisses pour leur réunions et rites incompréhensibles. Tant qu’il s’agissait de la partie de la forêt sacrée où nulle autochtone ne voulait s’aventurer, les ‘visages blancs’ pouvaient s’y installer et faire ce qu’ils veulent, avec qui ils veulent, dans le respect total de la communauté, cependant. Et ainsi, ces derniers s’attelaient-ils à endoctriner les quelques laissés pour compte de la communauté: les accusés et condamnés de toute sorte (sorcellerie, vol, malchance …)

Achebe signale que mêmes les parias d’Umofia son village, bien qu’étant considérés comme le courroux et la plaie de leur propre peuple, n’étaient jamais chassés du village. Ils l’étaient encore moins parce qu’à la suite de leur exclusion – non-géographique en effet – ces damnés allaient stupidement pratiquer les réligions saugrenues de ces personnes blanchâtres.

La famille Africaine, telle qu’elle s’est conçue, tentaculaire et solide, n’admet pas/jamais sa dislocation. De la première à la dernière marche de l’échelle sociale, ses membres demeurent en quelques sorte garants de la vie les uns des autres. D’ailleurs à cette même époque, Okwonko et les siens entendaient les nouvelles de ceux du littoral. Près des côtes, vers les rives du grand fleuve, on ennumerait des femmes qui tenaient à rentrer dans la calle d’un bateau avec leurs hommes et enfants, quitte à se donner la mort. La mort, oui, mais pas la séparation, non, donc. C’est à peu près comme cela que peuvent s’imaginer les relations propres aux familles Africaines.

Comprenant l’insuffisance de leur prêche vif mais inoffensif, les missionnaires doivent donc y mêler la violence des attaques physiques et verbales.
Avec les ravages simultanés de la chasse à l’homme négroïde sur les côtes, les autochtones sont vites acculés. Ceux d’Umofia ont à peine fini de rigoler des différentes inepties bondieuistes qu’on essaie de leur inculquer, qu’ils réalisent qu’on va les leur imposer , et ce très brutalement:”bible à la main gauche, armes à la main droite.”

Il ressort à lecture d’Achebe et plein d’autres (Oyono Mbia par exemple), que les premières églises chrétiennes sur le sol Africain ont dû être bâties dans le même contexte: S’amuser de ces hommes pâles et visiblement fous, leur donner une partie de forêt sacrée où aucun membre de la communauté ne s’aventure jamais de manière générale, ou alors quelconque lopin de terre non réclamée, ne pas s’offusquer que quelques bouseux de la société (serviteurs abandonnés, adultérins…) suivent ces êtres pâles, tant que personne n’est dérangé.

Mais alors, une toute autre dimension s’y est prêtée: Les missionnaires n’étaient pas tout seuls en rentrant dans ces terres. Les usurpateurs de l’arbre à palabres, voleurs d’âmes étaient suivis de près par d’autres guerriers, deployeurs d’armes, et voleurs d’Hommes. Tout cela a été très séquencé et rapide pour ceux d’Umofia du Nigeria actuel, et pareillement pour de nombreux autres peuples à travers l’Afrique. Peuples jusqu’ici séculairement enracinés dans leurs traditions et culture. La subite succession de nouveautés à eu (partiellement?) raison de ces personnes, et de milliers d’autres sur le sol Africain.

Encore à travers la débâcle d’Umofia, l’on peut aussi remarquer une chose: le peuple Africain est foncièrement têtu. Il a juste besoin de mieux maîtriser et axer cet entêtement.

Livres à ‘recommander’:

  • “Le vieux nègre et la Médaille” – Guillaume Oyono Mbia
  • “Purple Hibiscus” – Chimamanda Ngozi Adichie
  • “Crépuscule du Tourment” – Léonora Miano
  • “Contours du jour qui vient” – Léonora Miano
  • “Born a Crime” – Trevor Noah